
« Je ne sais pas si peindre, sans terme, des petits traits à l’encre fait une vie de peintre et une vie tout court ? C’est en tous cas la mienne depuis 1999 où je me suis résolument dédiée à l’essentiel : un témoignage, celui de la durée que nous sommes dans notre bref passage entre la naissance et la mort. Pour cela il me fallait le plus simple, le plus élémentaire : les lignes de traits à l’encre, qui, dans leur infinie répétition sont aussi la trace de la vibration, toujours changeante, de l’instant présent.
Avec l’encre, mon pinceau m’y dépose, à chaque trait, il est le fidèle « conducteur » de ce que je suis dans le moment. Parfois il tremble. »
Marine Bourgeois, 2025
Expositions personnelles
2025 PARABOLE DU GESTE Librairie Ombres Blanches, Toulouse
2023 MARINE BOURGEOIS Galerie Conil, Tanger – Maroc
2022 CE QUI ME VIENT DU SILENCE Galerie Jean-Paul Barrès, Toulouse
2020 PINKPONG DANS LE MÉTRO Le réseau PinkPong, en partenariat avec Tisséo, Toulouse
2019 MARINE BOURGEOIS Le Carmel, Tarbes
2019 LES TRAITS Á L’ENCRE Galerie Jean-Paul Barrès, Toulouse
2017 TRAITS ESSENTIELS Minoterie, Nay
2016 COPEAUX D’ÉCRITURE Installation à l’atelier, Toulouse
2012 Le Salon reçoit, Toulouse
2009 RESPIRATION Fondation espace écureuil pour l’art contemporain, Toulouse
2008 Galerie Eponyme, Bordeaux
2007 Galerie Eponyme, Bordeaux
2007 Musée Maison patricienne, Meissen – Allemagne
2006 Galerie L’Inventaire, Montauban
2005 La Brèche, Saramon
2000 Art dans la Ville, Saint-Étienne
1998 Galerie Où, Osaka – Japon
Expositions collectives
2024 LA SUSPENSION DU TEMPS Galerie Conil à la Galerie Talmart, Paris
2023 Galerie Conil, Tanger – Maroc Salon de L’Isle
2019-2020 DIALOGUES Galerie Jean-Paul Barrès, Toulouse
2021UN AUTRE MONDE Galerie Jean-Paul Barrès, Toulouse
2018 365+ Galerie Jean-Paul Barrès, Toulouse
2016 PEINTURE RÉPÉTITIVE Espace Croix Baragnon, Toulouse
2016 TRAITS ABSTRAITS Le Lieudit de Jean Vidal, Montiège
2015 PEINTURE MURALE Le jardin de Jocelyne et Victor, Chanopost
2014 PRÉSENCE Église de Saint Pancrace de Bans, Givors
2013 Exposition Auz’Arts, Auzeville
2004 Galerie Reich, Cologne – Allemagne
2002 Galerie Mathieu, Lyon
1995 Création in situ dans les dépôts de la Stass « L’eau est à l’intérieur de la soif »
1995– 1996 -1999 Art dans la Ville, Saint-Étienne
1993 Bac Off Parcours d’artistes, Bruxelles – Belgique
1991 Lougansk – Ukraine
Performances / Installations
2007 « Le Mandala des petits Chevaux », danseur chorégraphe Santiago Sempere, Monrabé
1998 Création par la compagnie de Santiago Sempere d’une chorégraphie à partir de ma réalisation « Les Marelles » donnée au théâtre du Nord à Paris et à Osaka – Japon
Acquisitions
1986 / 1989 : Musée d’Art contemporain de Saint-Étienne
1994 : Ville de Lyon (pièce de cinq tableaux)
2000 : Ville de Saint-Étienne
Subventions
2002 DRAC Midi-Pyrénées
Bibliographie
2006 Jean Pierre Mourey : « Silences et Bruissements Toiles et sacs de jute, de Marine Bourgeois »
— collection Arts Publications de l’Université de Provence
2004 Eric Manguelin : « Traits communs » Marine Bourgeois – A Stella
— éditions Jean-Pierre Huguet, collection Rencontres
1986 Lionel Bourg : « La Chair délivrée du Silence »
— revue La Vie exactement n°4
1986 Jean Luc Bayard : « Au commencement le noir »
— catalogue Octobre des Arts
Non publié
2000 « Traits à l’encre de Chine Marine Bourgeois »
1997 Jean-Pierre Mourey : « Continuum de Marine Bourgeois. Effilochages et Détrames »
— revue Aires
Mon parcours se déroule en spirale : il va des traits (1989) aux traits (1999).
L’entre temps est celui de l’avènement d’une forme et sa déconstruction progressive par la suite…Mais d’abord un travail de transformation de la matière : coupe, découpe, collage du jute usé ; transformant, ce travail parle de transformation. Il développe un sujet : l’élaboration d’une forme parfaite (ici, la forme du vêtement, de l’enveloppe). Cette forme est d’abord représentée : découpée, collée dans du vieux jute. Elle est ensuite présentée : le vêtement réel est collé sur un support et plus tard agrafé tel quel ; Cette forme est parfaite puisque aucune intervention ne lui est nécessaire. Par la suite une pratique de l’empreinte m’a amenée par paliers à la déconstruction de cette forme.
Ainsi, parvenue à ce point, suis-je résolument revenue au tracé des petits traits : une forme issue de l’informel y retourne selon un mouvement obligatoire, tel une loi. La forme est extériorité, enveloppe passagère. Demeure le rythme qui porte le geste du tracé. Le rythme est la qualité intrinsèque des formes biologiques, linguistiques, plastiques, musicales. Il est de l’ordre du dedans.
En 1989 les stries étaient tracées à la peinture à l’huile, elles recouvraient parfois toute la surface du tableau ou bien se développaient en bandes ou en rectangles ; c’était une écriture élémentaire. Une intention animait l’organisation de la surface du tableau. Je procédais par séries.
Aujourd’hui, et depuis 1999, j’utilise l’encre de Chine et suis entrée dans un hors séries : il s’agit bien de traits sans terme.
Le format du châssis (165 x 155 cm) correspond aux dimensions du corps les bras écartés. La toile est encollée puis retournée, ainsi l’encre est appliquée sur une matière nue.
Lors de séances quotidiennes je trace des lignes horizontales de petits traits. Cette simplification me permet de m’en tenir à l’essentiel : l’attention au présent dans sa corporéité.
Dans cette pratique, ayant élagué tout ce qui me semble anecdotique ou partiel, seul le geste du tracé, vissé à l’expérience de l’être, ne m’apparaît pas aléatoire.
Marine Bourgeois 2001





